Il était une fois…

Pania est arrivé au Québec à l’âge de 2 ans.

Pania, ses parents, sa grand-mère et son petit frère, ont abandonné leur maison à Takmau au Cambodge, pour fuir la guerre dans leur pays. Avant de partir, ils ont vendu tous leurs biens pour acheter de l’or. Avec quelques grammes de cet or, ils ont payé un guide qui leur permettrait de traverser la jungle à pied pour rejoindre un camp de réfugiés en Thaïlande. Les parents de Pania savaient que les frontières entre le Cambodge et la Thaïlande étaient fermées à cause de la guerre. Mais ils rêvaient d’une vie meilleure pour eux et surtout pour leurs enfants…  

Les poches remplies de bijoux, ils ont entamé leur traversé de la jungle. Les serpents et les animaux sauvages n’étaient rien à côté des soldats thaï cachés, qui étaient prêts à tuer hommes, femmes et enfants. Jours et nuits, ils marchaient en priant de ne pas se faire voir. Pania était un bébé agité. Sa grand-maman infusait de la marijuana dans son biberon pour le faire dormir. C’était bien évidemment, une question de vie ou de mort. Une fois, ils croyaient s’être fait voir. Un soldat était là, près d’eux. La famille s’est cachée derrière un buisson jusqu’à ce que le soldat s’en aille…

Ils ont réussi. Ils ont traversé la frontière et ont atteint le camp de réfugié de Chonburi, en Thaïlande. Ils y ont vécu 1 an. Les conditions de vie étaient respectables puisque le camp était géré par l’ONU. La famille voulait immigrer aux États-Unis. Ils attendaient et attendaient… jusqu’à ce que le Canada ouvre un programme d’immigration. Ils avaient le choix de partir maintenant au Canada ou d’attendre encore un nouveau programme des États-Unis. Ils ont choisi de partir maintenant au Canada.

Arrivé au Canada, ils étaient déjà endettés de 10 000$ envers le gouvernement pour leurs billets d’avion. C’est beaucoup d’argent dans les années 80.  L’église leur ont fournis manteaux et appartement. Les parents de Pania ont travaillé d’arrache pied pour rembourser cette dette et de s’offrir enfin un nouveau début….

Cette histoire donne des frissons, non?!

Aujourd’hui, on a été visité la ville et la maison ou Pania est né et ou ils vivaient avant de fuir le Cambodge. Une famille éloignée du côté de la mère de Pania avait décidé de ne pas fuir la guerre et a repris la maison abandonnée. Ils y vivent depuis.

Rivière qui traverse le village de Takmau
Pania nous montre la rue où il habitait avant la guerre
Pania en dessous de la maison où il habitait avant de fuir le Cambodge
Dans la cuisine de l’ancienne maison de Pania
Dans le salon, avec la femme qui a récupéré la maison abandonnée durant la guerre

Aujourd’hui, la famille de Pania vit très bien. Grâce au courage et aux sacrifices de leurs parents, les 3 garçons étudient et ont une qualité de vie exceptionnelle, que jamais ils auraient pu espérer au Cambodge.

***

Étant donné notre piètre performance pour tenter d’aider les enfants de la rue un peu plus tôt, nous avons décidé de faire affaire directement un organisme. Mith Samlang est une ONG cambodgienne de Friends international, qui aide les enfants dans la rue. Ils ont ouvert le restaurant Romdeng qui accueil des enfants de la rue, afin de leur permettre d’obtenir de l’expérience dans la restauration. À l’aide de professeurs, ils apprennent l’hygiène, l’hopitalité et à développer une bonne estime d’eux-mêmes. Ils font le service et la cuisine. L’ambiance était chaleureuse, le service était attentionné et la nourriture était exquise! Tous les profits vont à l’organisme. Puis, l’organisme aide les étudiants à se trouver un premier vrai emploi. 

Génial!!!!

Demain, nous quittons le Cambodge pour Singapour!

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6 commentaires pour Il était une fois…

  1. Isabelle C dit :

    Effectivement ça donne des frissons! Le retour aux sources de Pania a sûrement été extrêmement émouvant non? Quel courage cette famille a eu!

  2. Valérie dit :

    Quelle histoire! On se sent priviliégiés que vous la partagiez avec nous… Je lis ton blogue assiduement depuis un mois, même si je n’avais pas encore laissé de commentaire… Bravo pour le magnifique projet et pour le voyage en tant que tel, vous êtes vraiment inspirants! 🙂

  3. Roro dit :

    wow, merci de partager cette histoire tres personelle. Elle est vraiment très émouvante, derrière toute immigration se cache souvent des histoires édifiantes.

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