Tuch, une enfant de la rue

Les gens qui viennent au Cambodge, ont  envie d’aider un peu. Quand Pania est venu ici il y a 4 ans, il a fait construire un puits dans un village. Les gens de ce village faisaient à l’époque, plus de 2 km à pied chaque jour pour aller chercher de l’eau.

Jérôme, le gérant de l’hôtel où nous logeons, nous a parlé des enfants de la rue.  Ils mendient ou vendent des bracelets aux touristes sur le Riverside, une rue branchée de bars et de restaurants tout le long de la rivière. Les touristes flanchent devant leur belle binette d’enfant et leur donne 1$ ou 2$.  Grave erreur selon Jérôme. Ces enfants ne touchent pas un sous de cet argent. Ce sont les parents ou un boss qui ramasse tout. Tant qu’ils ramèneront du fric, les adultes  enverront les enfants à la rue et ils n’iront pas à l’école.

Le Riveside de Phnom Penh. On y trouve tous les restaurants et bars branchés. Mais aussi, les enfants de la rue.

Il y a 10 ans, Jérôme venait d’aménager au pays. Il s’est lié d’amitié avec 2 enfants qui mendiaient dans la rue. Il leur donnait argent  et vêtements. Mais dès qu’il avait le dos tourné, ces enfants vendaient les vêtements. Leurs parents ne les laissaient pas porter des vêtements propres pour mendier. Ça ne rapportait pas assez! Il a contacté une ONG pour organiser une rencontre avec les parents. Dans ces cas là, l’ONG propose aux parents de mettre les enfants à l’école et en échange, ils leur fournissent du riz. Ça ne fonctionne jamais! Les enfants ramènent assez d’argent pour que les parents se paient tout le riz qu’ils veulent et même plus! Maintenant, Jérôme amène 15 enfants de la rue au restaurant à chaque noël. Pour certains, c’est la première fois qu’ils mangent assis en se faisant servir. Puis, durant l’année, Jérôme leur achète à manger de temps en temps.

Aujourd’hui, Pania et moi on est allé au Riverside dans la ferme intention d’inviter des enfants de la rue à manger au restaurant. On se disait que ça allait être une chouette expérience! Nous avons rencontré Tuch, une jeune fille de la rue. Elle nous demande de l’argent en échange d’un bracelet. Pania discute avec elle. Elle dit qu’elle ne va pas à l’école et qu’elle doit travailler pour payer le loyer de ses parents. Elle fait pas mal d’argent grâce aux touristes mais elle ne peut que garder 25 sous par jour pour manger. Nous l’aimons bien car elle a du caractère! Elle s’amuse avec tout le monde au passage. Nous lui expliquons que nous ne voulons pas lui donner d’argent car cela ne l’aide pas. Allumée, elle nous répond : Je sais. Mais que si ça l’intéresse, on peut l’amener manger un morceau. Elle accepte. On lui demande si elle a des amis qu’elle veut amener. Elle dit que non, ils sont tous partis mendier ailleurs pour la fin de semaine. Ok…!

On s’en va vers les restaurants de la rue pour qu’elle choisisse ce qu’elle veut manger. Elle s’arrête près d’un vendeur de mangues. Elle parle à Pania qui lui en achète quelques unes. Ne faisant ni une, ni deux, elle se sauve en disant qu’elle n’a pas faim car elle a déjà mangé! Merde! On vient de se faire avoir! Tant que ces enfants rapportent quelque chose à la maison, ces enfants retourneront à la rue… Si un jour ces enfants ne rapportent plus rien, les parents devront trouver une autre solution.

La morale de cette histoire: servir une assiette à un enfant et le regarder manger jusqu’à ce qu’il termine.

Ca fait mal au cœur! 

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3 commentaires pour Tuch, une enfant de la rue

  1. Geneviève Talbot dit :

    Bonjour,
    J’ai le bonheur de travailler pour une ONG canadienne (www.devp.org) qui appuie des organisations du Sud qui luttent pour une meilleure justice sociale dans leur pays. Je fais partie de l’équipe de l’Asie du sud Est et suis entre autre responsable du Cambodge. Je suis tombée en amour avec ce pays et surtout avec les Cambodgiens. Je suis donc très contente que votre blog leur fasse une belle place. C’est vrai que la pauvreté des enfants est frappante et surtout qu’il ne faut pas donner directement aux enfants. Une bonne façon est d’appuyer les ONGs locales comme Friends (http://www.mithsamlanh.org/) ou autres qui apprennent des métiers à des jeunes de la rue et qui les sortent du cycle de la pauvreté. Par l’entremise de Friends vous trouverez d’autres groupes qui comme eux travaillent avec ces enfants. Appuyer ces groupes est parfois plus efficace que de donner directement aux enfants.

    Autre sujet, nous sommes toujours à préparer notre voyage au Costa Rica et, peut-être, Nicaragua. Je me demandais si vous donnez à Mathias des pilules anti-malaria et si oui comment vous lui administrez?

    Merci et au plaisir de suivre vos aventures!

    • Edith dit :

      Un petit commentaire concernant un voyage au Costa Rica avec un bébé…

      Nous y sommes allés avec notre fille alors que cette dernière avait 10 mois. Nous sommes passés par une clinique voyage avant de partir. Puisque nous allions dans un coin du Costa Rica à risque de malaria, soit le nord, il nous a prescrit à tous les 3 des anti-malariens. Nous devions lui donner 1 ou 2 pilules pour enfants par jour (je ne me souviens plus exactement, mais je dois encore avoir la prescription quelque part). Je coupais la pilule en petits morceaux que je mélangeais à une cuillerée de nourriture pour bébé. Et je gardais un breuvage sucré (smoothie local) à proximité pour vite changer le goût après cette bouchée très particulière! Et nous avions un moustiquaire pour la nuit ainsi que du chasse-moustique (oui avec du DTT… parce que les moustiques peuvent être féroces… et un peu de DTT pendant 10 jours fait moins de mal qu’une malaria ou fièvre tropicale!).

      Heureusement, tout s’est bien passé. Et le Costa Rica, c’est génial avec un enfant!

    • Marie-Lise dit :

      Oui, nous avons connu cette ONG en allant manger dans un restaurant qui venait en aide à ces enfants de la rue.

      Nous ne donnons pas de pilule anti-malaria à Mathias car nous évitons ces régions à risque. J’ai lu à quelque part que l’enfant doit peser au minimum de 25 lbs pour pouvoir en prendre.

      Je ne suis pas une anti-pilules, mais je t’avoue que je trouve la malarone extremement forte. Dans notre cas, on a des patchs anti-moutiques pour bébé de la marque Tiger-Balm. Pour le soir tombé, on le met dans sa poussette abrillé d’un moutiquaire…

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